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  • marinegauvain

Les déesses animales



Dans un monde anthropophisé, dans un monde ultra-bétonné, quelle place cela nous laisse-t-il pour se reconnecter à la nature, au sauvage?


Pour peu qu'on ne s'y intéresse pas du tout parce que n'ayant jamais vécu l'expérience de nature, la rencontre avec les autres êtres vivants peut se faire bien rare. N'ayant plus de liens directs avec eux, même ceux que nous voyons quotidiennement deviennent invisibilisés. Pigeons, pies, moineaux, étourneaux se fondent dans l'ensemble indistinct "oiseaux" ; marronniers, tilleuls, amandiers, platanes deviennent tout simplement des "arbres" ; tulipes, coquelicots, anémones, myosotis juste des "fleurs". Le nom de chaque espèce est oublié, remplacé par son nom générique. Et ainsi aveugle nous marchons dans la rue, oubliant de lever les yeux pour voir les étourneaux s'étirer dans de belles compositions graphiques célestes, n'interrompons en rien notre pas pour observer le ballet des bourdons et abeilles aux pattes bourrés de pollen sur les massifs fleuris ; quant à la rencontre avec le hérisson, ne voyons nous que son cadavre dans les caniveaux, rencontre souvent malchanceuse avec le capot d'une voiture....





Mais dès lors que nous commençons à nous y intéresser

----parce que nous vivons dans un endroit où l'accès aux autres êtres vivants est facile

----parce que petit nous y avons été sensibilisé par nos proches

on peut apprendre à aiguiller nos sens visuels et sonores pour traquer les traces de vie sauvage dans nos villes bétonnées; commence alors à se créer un lien d'émerveillement, d'empathie. C'est ce lien qui est si crucial de consolider et de ne pas perdre de vue. car peu à peu ce lien va s'étendre, notre vision s'enrichir, notre panorama s'agrandir ; et nous commencerons à sentir la toile du vivant, la tapisserie colorée, chatoyante que nous formons tous, liés par ce pacte tacite de vie et de mort que nous partageons tous sur cette planète.


 



Les déesses animales, ma nouvelle collection d'illustrations originales, a été crée avec cette notion d'égard qu'explicite le chercheur Baptiste Morizot dans son livre "Manières d'être vivant". Un respect que nous avons oblitéré derrière notre croyance d'humain surpuissant sur l'ensemble du monde vivant. Une invitation à nous considérer autrement parmi nos pairs, à les reconsidérer, à engager de nouvelles communications avec eux, qui ne seront pas des communications de dominance.


J'ai choisi volontairement de garder l'esprit magique incarné par le mythe des dieux et déesses des religions païennes, car je crois qu'on a bien besoin d'une touche de magie pour parler de tout ce qui nous bouleverse ; l'animal dessiné incarne l'ensemble de son espèce, porteur en son sein de toute sa sagesse, prêt à la partager avec les humains-ici souvent représentée par la femme, autre moitié de l'humanité également évincé par la soif de virilité et de puissance d'une grosse poignée d'hommes.


La déesse renarde- 19x24 cm-Aquarelle



 

LE GROS_BEC CASSE-NOYAU-19x24 cm-aquarelle

VENDU

Moi j'y crois, que tu n'es pas celui et celle qu'on pense que tu es ; je sais bien que tu n'es ni nuisible ni tueur et tueuse en série ; je sais bien qu'auprès de toi ce qui nous nuit se retrouve entre tes crocs ; et je sais bien que tu fais partie de notre patrimoine vivant ; qu'elles seraient les forêts sans ta fourrure rousse, ta longue queue, tes petites oreilles pointues et ton masque sur ton museau en pointe? Elles seraient bien vide. Dans les campagnes ta silhouette est attendue ; et j'aime à me laisser surprendre par ta présence toutes les fois où je ne l'attends pas. Tu disparais aussitôt, tu es un poème sauvage aux mots insaisissables mais qui marque en plein coeur; Alors moi je sais qu'entre tes bras je ne risque rien, je voudrais m'assoupir dans ta fourrure couleur d'automne pour partager les belles nuits étoilées avec toi.


Le sommeil de la renarde- 24x19cm-aquarelle

VENDUE


 



La déesse de l'automne- 21X30cm -aquarelle et papier découpé






Je te libère ; toi et puis toi ; je vous libère de notre ignorance, de notre violence facile et puérile. je vous libère de notre joug ; je vous libère et vous redonne à vos forêts ; et je ferais de mon mieux pour parler en votre nom à ma race pour les aider à comprendre qui vous êtes et comment vous vivez. Peut-être devrais je hululer fort à leurs oreilles des nuits durant pour qu'ils daignent m'écouter ; tu sais je parle de l'homme fort et viril qui a voulu aplatir l'existence entière à ses pieds pour en faire ce qu'il voulait, quand il le souhaitait ; et je lui parlerai, de la voix de la louve, je lui ferai entendre le coeur sauvage de l'existence ; car au fond il rêve lui aussi de liberté, de grandes foulées émancipatrices qui feraient de lui vivant parmi les vivants. Va, loup, va, louve ;je vous libère.


La déesse renarde, aquarelle et papier découpé, 21x30 cm



 

Alors, prêt.e à se reconnecter à soi et aux autres?


Marine

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