Chère Bretagne
- marinegauvain
- 30 déc. 2025
- 2 min de lecture
Bretagne, comme une amie indocile, têtue comme un âne, tempétueuse et solaire, insaisissable, lumineuse et orageuse.
Bretagne comme les ajoncs disputés dans le vent, comme l'iode qui se dépose sur l'épiderme rocheux des côtes, comme les nuages anthracites qui embrassent le toit gris des villes, comme le cri des goélands qui ricoche dans le ciel venteux.

La Bretagne est tout un poème, toute une histoire, une ode, une épopée, chantée dans un breton presque disparu, culture dissoute dans une modernité terne et sans reliefs.
Une partie de ma famille a ses racines ancrées dans le sol breton, et depuis quelques années Concarneau est devenu le fief familial, où l'on a retrouvé le cordon ombilical.
Alors avec les années mon carnet de croquis s'est un peu étoffé de littoral, de rochers, et des toits de Concarneau.
De la ville-close aux plages dévêtues par la marée, crayon noir ou aquarelle, je sillonne les paysages sur mes feuilles, hantée par le chant des goélands, amusée par les chorégraphies si bien ordonnées des gravelots, émerveillée par la grâce de l'aigrette, un grain de sable qui se dépose sur mes poils de pinceau, la réalité qui s'invite dans mon croquis.




J'ai droit à des festivals de cieux aux teintes démentes, des pointes de lumières comme des épées de soleil trouant le gris sombre et bleuté de la mer, j'ai droit au goût des embruns sur ma langue et les poumons gonflés de vent.
Il n'es pas toujours simple de dessiner les pages ébouriffées et la pluie en invitée intermittente, mais je m'accroche comme les chênes côtiers affrontent l'océan, je m'arrime à mes pages comme sur une barque fouettée par l'écume.
Le corps a le temps de sentir le sel, l'iode, les algues, le goémon, la laisse de mer, et les oreilles chantent la mer.





Sur le littoral breton où le soleil tarde à se coucher, les soirées sont une ouverture à la flânerie, à la lenteur. Parties de Mölki sur le sable doré, inspection des mares entre les rochers, chercher du regard les tourne-pierres à collier, infuser la soirée dans le ressac indolent des vagues crénelées.
Un rêve éveillé, au goût délicieux de beurre salé.



J'espère que ce petit détour en terre bretonne vous aura plu!
Vous reprendrez bien un peu de cidre?
Marine






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