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  • marinegauvain

Un pan de vie à la Fleyssière

...Ou l'aventure communautaire et paysanne.


Ma rencontre avec la communauté de l'Arche de Lanza del Vasto remonte à 2017, à l'Arche de Saint Antoine, grâce à une de mes encadrantes de mon année de VEFA (Volontariat Ecologique Franco-Allemand) qui y avait passé deux ans.


Après 2020, j'ai fait une coupure avec le réseau alternatif en général: beaucoup beaucoup beaucoup de déboires, de déceptions, de rencontres qui m'ont fait mal.... j'étais d'accord sur la forme moins sur le fond; j'y ai senti beaucoup d'exigence, pas très bienveillante, et un manque d'ouverture envers son prochain. Un paradoxe complet.

Il m'a donc fallu "guérir" un peu, faire le deuil de mes idéaux , me consolider, et attendre tranquillement que la pommade passe.


Au mois de janvier 2023 je me suis sentie prête pour aller de nouveau à la rencontre de ces gens qui ont décidé de vivre autrement ; j'ai souhaité rendre visite à la communauté de l'Arche de la Fleyssière, autre communauté de l'Arche, située dans le Sud de la France à une heure et quart environ de Béziers. L'occasion pour moi de découvrir à la fois une région où je n' avais jamais mis les pieds, mais également de voir l'endroit où a grandi un de mes amis du VEFA.

Bienvenue à La Fleyssière, l'aventure humaine, paysanne et écologique!



 

LA VIE A LA FLESYSSIERE

Une ode à la simplicité.



Les conditions de vie à la Fleyssière sont simples-d'aucuns diront "spartiates"- mais tout dépend de ce que l'on met dans ces termes. Toilettes sèches, chauffage au bois, douches à l'extérieur sans eau courante avec seau et louche....(moi j'avais le luxe, j'habitais dans l'unique couloir qui possédait douche ET toilettes) Possibilité également de laver son linge au lavoir, mais il existe toutefois une machine à laver si on ne veut pas perdre l'usage de ses mains par grand froid.

Tout ça peut paraître en effet un peu raide à l'heure des lave-vaisselle, des lave-linge (inventions dont je ne tarirais jamais d'éloges) et de multiples appareils électroménagers hyperconnectés en tous genres, et tutti quanti MAIS.....

...... dans une optique de reconnexion à la terre et d'écologie, l'énergie est revalorisée et redistribuée le plus possible. On reprend ainsi conscience de la valeur de chaque chose produite.

ma chambre à la Fleyssière- le luxe, j'ai un lavabo!

-La cuisine de la Fleyssière-


Etant en pleine campagne, il y a peu de voitures sur les chemins, et on peut donc gambader et courir au milieu de la route en chantant à tue-tête si on en a envie; le chant des oiseaux remplace le ronronnement incessant des voitures ; quant à manger à chaque repas les légumes fraîchement récoltés du potager est un véritable luxe! Spartiate sont peut-être les conditions, mais on gagne en savoir-faire, simplicité, et finalement, on gagne en liberté!

La sobriété se résume simplement à un mieux-vivre.

(P.S: et on y capte beaucoup mieux la 4G qu'à Montpellier même....)


Ici le travail manuel est mis en avant: la traite se fait à la main, (c'est plus facile aussi avec cinq vaches que cent) le beurre à la force de nos bras, on hache et scie le bois pour notre poêle, on greline, sème, transporte des charrettes de fumier.... Le corps travaille, ressent, fatigue aussi, mais au bout du compte, on se sent sacrément en vie.





La traite a été une véritable révélation pour moi: je m'y suis sentie comme un poisson dans l'eau. Quel bonheur de sentir le corps chaud et vibrant de la vache, son flanc lourd contre lequel, parfois, je posais doucement ma tête, le bruit du lait qui sortait des pis et atterrissait dans le seau en provoquant un son musical, la tiédeur du liquide qui coulait sur mes mains, sans compter les facéties du veau qui s'amusait à me donner des petits coups de tête et mâchouiller mes vêtements de travail pendant que je trayais sa mère. Le rythme du lait qui résonnait contre les parois du seau de mes coéquipiers résonnait comme une mélodie agréable à mes oreilles, une berceuse chantée par les prodiges de la maternité, par le corps si confiant des vaches.

Je finissais toujours la journée heureuse et rassérénée après la traite.


Lucile, stagiaire long-stage à la Fleyssière, fut celle qui m'a initiée à la traite ainsi qu'à la baratte: encore une nouveauté pour moi! A l'heure de l'industrialisation et de la perte des savoirs-faire manuels, j'étais particulièrement fière de me servir de la force de mon propre corps pour transformer le lait en beurre! Et quelle première pour une première!... 52 minutes à tourner à toute allure la manivelle de la baratte pour voir enfin le beurre se former... ici il faut avoir de la patience, de la persévérance et de l'endurance! Des leçons de vie, en somme...

Le beurre n'a plus le même goût en sachant l'effort fourni pour le fabriquer....


Une (toute petite) partie du potager de la Fleyssière. C'était le temps de la grelinette!

Un petit-déjeuner à la Fleyssière, sous le soleil et le vent de la fin d'hiver.



Entre les ânes, les poules, les vaches, les chats, il y a toujours de la vie à la Fleyssière! Sans compter sur les animaux sauvages: la laie qui met bas non loin du potager, se sachant en sécurité dans le secteur, les chasseurs ayant interdiction de venir sur le territoire de l'Arche (merci!) ; le chevreuil qui aboie sur son territoire et qui parfois fait une incursion dans le potager ; les nombreux oiseaux dont les grimpereaux des arbres et les rouges-gorges , qui jouaient une jolie partition musicale dans l"air frai de ce début printanier ; sans oublier la salamandre et ses petits.... découverts par hasard dans une écuelle d'eau.

Tant de richesses difficile à voir en milieu urbanisé (sauf pour ceux et celles qui vivent près d'une forêt)... et qui, ici, nous tendent les bras. Une manière de concilier vie paysanne et vie sauvage.


 

LA CRÉATIVITÉ À LA FLEYSSIÈRE


Potier, tout un métier!


Si vous prenez la route pour vous rendre à la communauté, vous rencontrerez le panneau suivant: Poterie de la Fleyssière.


La Fleyssière est un endroit idéal pour créer, c'est une artiste qui vous le dit! Un petit coin de paradis, éloigné du bruit du monde, pour se concentrer sur la créativité. Dans l'atelier, tout en tons bleus, gris, et blancs, les mains sentent, modulent, façonnent ; elles sont les outils indispensables à la création de pièces artisanales.



Héloïse, court-stage, est potière de métier. Elle a fait une incursion dans l'atelier de Fernando.

Fernando est le potier de la Fleyssière depuis de nombreuses années, apportant un soutien financier à la communauté avec la vente de ses créations directement sur place ou en boutique dans la ville de Lodève. J'ai eu la chance de voir toutes les étapes d'une création avant sa cuisson (même si Héloïse, stagiaire court-stage et potière de métier, ne faisait pas de théière mais des petits pots) du tour à l'assemblage des pièces ; un travail minutieux et patient, où la terre est maîtresse du temps.



 

QUE RETENIR?


-J'ai découvert le bonheur de la traite.

-J'ai ressenti une immense fierté à faire mon propre beurre.

- J'ai réussi à surmonter ma peur du feu et à allumer mon poêle trois soirs de suite.

-J'ai testé le tour à peine une minute (chantier bois oblige, j'ai écourté l'essai) et j'ai adoré

-J'aime vraiment dessiner directement sur place ce qui se passe

-JE VEUX VIVRE DANS LA REGION!!!!





Vous êtes curieux?


• Si vous souhaitez en savoir plus sur Lanza del Vasto: https://www.lanzadelvasto.com/fr/vie/


• Si vous souhaitez faire un p'tit coucou à la communauté de la Fleyssière et à Oasis, ma vache adorée : https://www.arche-de-la-flayssiere.fr/



J'espère que cet article vous aura plu.

Pour finir je dirais juste que....

LE BONHEUR EST DANS LA TRAITE.


Bien à vous,

Marine




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